larsson_millenium_1Des mois que je retardais cette lecture. Des mois de résistance. Par peur. Peur d'être déçue après tant d'échos élogieux. Par besoin de temps aussi. Parce que je savais que si le premier tome me plaisait, je ne résisterais aps aux deux suivants. Et voilà, c'est fait. Pendant une semaine, j'ai respiré avec Mikael, Erika et Lisbeth. C'est fait donc. C'est même fini. Et je porte le deuil de Lisbeth. Je ne la rencontrerai plus au détour d'une page, d'un mail, d'une rue de Stockholm. Et je vis cela comme si j'avais perdu une amie.

Mais laissons là mes addictions. Et reprenons au commencement. Le premier tome de la trilogie. Hélas, trois fois hélas, jamais un tome de plus. Encore un deuil à faire ...

Ce premier volet, Les hommes qui détestaient les femmes, commence avec Mikael Blomkvist. Ce journaliste,  connu pour ses critiques engagées contre le monde de l'économie, est reconnu coupable de diffamation contre la personne de Hans-Erik Wenneström, un industriel aux affaires plus que douteuses. Condamné à une amende importante et à une peine de prison, notre héros décide de prendre de la distance afin de sauver sa revue, Millénium. Il est alors engagé par  Henrik Vanger, riche industriel suédois, afin d’écrire sa biographie, mais surtout de mener une enquête discrète sur la disparition, quarante ans plus tôt, de sa nièce Harriet. Notre héros s'attelle à la tâche sans grande conviction, mais les mystères s'accumulent puis lentement commencent à se laisser percer. Et Mikael de poursuivre ses recherches, secondé alors par Lisbeth Salander. Un personnage atypique. Cette jeune femme au physique d'adolescente anorexique est fermée, taiseuse, asociale, violente parfois, mais c'est aussi un as en informatique. Et le personnage central de cette série.

Dans ce roman, l'auteur prend le temps de planter le décor et les personnages. Le rythme est régulier. D'une lenteur agréable, paisible je dirais, jusqu'au tournant de l'enquête où tout s'emballe. Et Stieg Larsson de nous plonger dans les recoins sombres de l'horreur humaine.

Un polar à la forme classique revendiquée qui augure une suite époustouflante.