Des lectures qui m'ont ravie, emportée, surprise

Cécile Coulon, Le rire du grand blessé.

http://www.viviane-hamy.fr/local/cache-vignettes/L370xH600/arton1622-b7b94.jpgUne dystopie étonnante. Une contre-utopie originale.  

J'aime les récits qui me plongent dans un monde proche mais décalé, qui interrogent la société dans laquelle nous vivons, qui me permettent de prendre cette distance critique indispensable- à mes yeux- à toute existence.

Et c'est ce que j'ai trouvé dans ce court récit. Un monde où la lecture est transformée en outil de pouvoir.

L'état a pris en charge la  création, la production, l'édition, faisant du livrre une marchandise calibrée, balisée. Exit le talent de l'écrivain, exit l'originalité. Il n'y a plus que des Livres Terreur, Tendresse, Chagrin, Frisson, Fou rire, Amour. De 110 pages maximum. Construits dans les Maison des Mots. Par des Ecriveurs. Tout est y balisé, pesé pour viser une efficacité optimale. C'est la valeur cathartique de l'objet qui intéresse le pouvoir: sa capacité à faire ressentir des émotions ou plutôt à vider le citoyen de toute émotion, à le faire devenir dépendant de ses lectures ou des Manifestations à Haut Risque au cours desquelles un Liseur lit un livre au milieu d'une foule délirante.

 Horrible, non?