01 novembre 2007
Philippe Claudel, Le rapport de Brodeck
Je voulais le lire!! Me voilà plongée dedans. merci encore à Françoise et sa bibliothèque magique.
15 novembre: voilà, je quitte Brodeck, à regret tout même, fort marquée par ce chemin parcouru avec lui.
Voilà un livre dont on m'a parlé et reparlé. J'aime bien Claudel, j'avais lu avec intensité Les Ames grises. Avec beaucoup d'émotion Trois petites histoires de jouets et La petite fille de Monsieur Linh. Et voilà Brodeck, annoncé dès la rentrée littéraire comme un possible Goncourt. Finalement, il aura eu celui des Lycéens, un grand prix à mes yeux!
Donc je l'attendais ce roman et je me suis plongée dedans. Tout en sachant que ce serait difficile, que Claudel m'embarquait là dans une histoire dure. Eprouvante.
Brodeck est un rescapé. Après le déferlement de la folie sanguinaire, il revient, vivant - alors que son nom figure déjà sur le monument aux morts - dans son village, parmi ces hommes qu'il connaît depuis toujours, ceux-là même qui l'ont dénoncé pour se sauver. Il revient, vivant, porté par son amour pour Emelia. Et la vie reprend son cours entre Fédorine, Emelia étrangement silencieuse et la petite Poupchette. Une vie tranquille au milieu de la nature. Jusqu'à l'arrivée de l'Anderer. Et cet homme, ses manières, ses mystères vont à nouveau faire resortir le pire de ces hommes que Brodeck côtoie. Après l'assassinat de l'Anderer, voilà notre personnage sommé d'écrire, écrire pour témoigner mais aussi pour partager la faute. Ecrire pour libérer les autres. Et le rapport qu'il dresse alors fait voyager le lecteur dans le passé de Brodeck, ce chien de Brodeck au camp, mais aussi le Brodeck étudiant insouciant, découvrant son amour pour Emelia, Brodeck qui revient alors qu'on ne l'attendait plus. Un voyage fait de portraits d'hommes aussi: ces hommes pleins de peur et de honte, mais plus forts dans la foule anonyme, se cachant derrière l'autre pour commettre le pire.
C'est un roman remuant que nous livre là Claudel, fort et beau. Et une vraie porte ouverte au questionnement. S'il est vrai qu'il se présente comme une parabole, puisque l'auteur a choisi de ne pas citer de lieu réel, mais d'évoquer des événements intemporels - malheureusement. Une horreur éternelle: la peur de l'Autre, la haine de l'autre. Quelle que soit sa forme.
Et puis il y a cette fin, imprévisible et toujours mystérieuse. Se pourrait-il que Brodeck n'existe pas? Emelia, Poupchette et Fédorine ont-elle vraiment survécu, elles si légères? et ce village qui disparaît ... comme si rien n'avait jamais existé à cet endroit?
Un roman fort, dont on sort plein de questions, plein d'incertitudes. ET elles sont à préférer de loin aux certitudes de ces hommes du village.
Commentaires
J'aime beaucoup cet auteur !
http://dlivresetdchamps.canalblog.com/archives/2007/09/03/6113142.html#comments
Acheté cet apres midi. Posé sur le haut de ma Pal :)
bonne lecture
MMMMHHH Le nouveau CLAUDEL... Impatiente que je suis de savoir ce que tu en penses! Bisous
Brodeck
adoré, adoré. Mais je suis super en retard, mon blog avbandonné depuis un mois, horreur! 4 romans à commenter: celui de Claudel, Le retour d'Ana Enquist (mmm), Les heures de Cunningham que j'achève de déguster et Piazza Bucarest de Grondhal.
Promis je vais me refaire.
Dès que je vais mettre la main sur ce livre à la bibliothèque je ne vais pas hésiter une seconde !!
Bonne fin de journée Solsol !
Florinette: en effet, n'attend pas , c'est un livre fort. Décidément ces Lycéens du Goncourt ont bon goût!
J'ai été marquée par ce livre, au point que j'en ai encore relu la fin ce week-end...
super
Je l'ai lu, savouré jusqu'à la fin, un livre excellent...
Je vous conseille en passant ne l'ayant pas vu sur votre blog de lie de toute urgence, "la route" de Cormac McCarhty...
On ne le lâche pas de bout en bout
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