10 avril 2008
Insa Sané, Du plomb dans le crâne
Nous sommes en novembre 2005. En plein embrasement des banlieues. Alassane est un jeune homme sans histoire dont la rage et le ressentiment s'expriment ce soir-là. Prince est un truand, un caïd qui sort de prison. Ils se croisent. Ils se connaissent. Le lien entre eux ? la banlieue. Un univers dont on ne peut sortir. Un monde où l'avenir n'est pas prometteur quels que soient tes talents, quels que soient tes efforts.
Le message est attirant, j'attendais beaucoup de ce livre. Et je suis un peu déçue. Parce que j'en attendais trop peut-être. Probablement. Je suis restée sur ma faim.
S'il est vrai que j'ai été un peu gênée par la langue, plus que réaliste, je suis consciente qu'elle est l'outil idéal voire nécessaire pour décrire cette réalité, ce monde et cette ambiance trash. Mais bon, au bout d'un moment, cela m'a lassée.
Par contre, la scène finale m'a laissée sans voix, elle rachète à mes yeux certains passages moins forts.
Petite remarque contextuelle pour ceux qui me liraient régulièrement: je n'ai pas fait le meilleur choix en optant pour cette lecture après une semaine d'apnée millénium. Quel roman aurait tenu la distance?
07 avril 2008
Stieg Larsson, La reine dans le palais des courants d'air
En ouvrant ce roman, je sais déjà que ce sera le dernier. Stieg Larsson est mort, cela j'en avais connaissance en commençant à lire Millénium. Mais il y avait cette rumeur d'un tome quatre presque fini. Peut-être publié. Un espoir. Qui ne sera pas. Le roman n'existe pas, juste des notes préparatoires. Je reste donc à quai avec ma nostalgie.
Troisième et dernier tome donc. Rebelote. J'ai du mal à imaginer ce que cet auteur machiavélique va réussir à trouver de plus incroyable que ce passé qu'il a inventé à Lisbeth. Et me voilà à nouveau époustouflée!
Nous sommes à l’hôpital, Lisbeth est clouée au lit. Au même étage, au fond du couloir, l'homme qu’elle a essayé d’assassiner ( J'essaie de ne pas trop vous en dire au cas où vous liriez cette critique avant). Commence alors le combat pour prouver son innocence et faire donc la lumière sur toute cette affaire. Elle risque en effet l'hôpital
psychiatrique. A vie. Là où elle se trouve, elle ne peut rien faire. Le veut-elle d'ailleurs? A quoi bon parler aux médecins, aux autorités? L'a-t-on jamais crue?
C'est à nouveau Mikael qui s'en chargera. Mais cette fois-ci, il a ferré un gros poisson, trop gros pour lui? En effet, son défi n'est pas mince: faire condamner la section de la Säpo responsable des souffrances atroces imposées à Lisbeth des années durant. Mais on ne s'attaque pas impunément aux services secrets ...
Un nouveau genre donc pour ce dernier volet, une intrigue pleine de complots et de manœuvres ourdies en secret, au sein même des institutions de l'Etat démocratique.
06 avril 2008
Stieg Larsson, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
Le premier tome vous avait ébloui. Comme moi, vous éprouvez certaines craintes. L'auteur pourra-t-il faire mieux? Comment réussira-t-il à capter à nouveau votre attention? Vous pouvez cesser de vous en faire. N'ayez crainte: c'est pire.
Le deuxième volume suit d'abord Lisbeth. A la fin du tome précédent, son talent de hackeuse lui a permis de détourner une somme astronomique, tout en respectant ses propres règles morales. Nous la retrouvons donc voyageant dans le monde au fil de ses envies. Elle reste cette jeune femme frêle et renfermée du premier livre, mais plus libre, en tout cas de ses mouvements. Mais par les hasards et caprices de la météo, elle revient en Suède. Bien décidée à se maintenir à l'écart de Mikael.
Celui-ci, toujours rédacteur en chef à Millénium, enquête avec Dag Svensson sur des réseaux de trafics de femmes. Mais cela déplaît, irrite, particulièrement les personnes compromises par l'article et le livre en préparation. Dag Svensson et son amie sont assassinés. Un autre meurtre a lieu presque simultanément. Lisbeth Salander est soupçonnée et recherchée. Elle se terre. Mikael, convaincu de son innocence , mène la contre-enquête.
Ce deuxième apus nous plonge dans le passé de l'héroïne, ses douleurs, ses souffrances, l'horreur sans nom de son enfance.
Je crois pouvoir dire que, des trois romans, c'est mon préféré. Le plus dense, le plus haletant, un thriller musclé. Et une critique acide de la société suédoise. du fonctionnement de ses institutions. Mais là encore, nous ne sommes pas au bout de nos surprises...
03 avril 2008
Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Des mois que je retardais cette lecture. Des mois de résistance. Par peur. Peur d'être déçue après tant d'échos élogieux. Par besoin de temps aussi. Parce que je savais que si le premier tome me plaisait, je ne résisterais aps aux deux suivants. Et voilà, c'est fait. Pendant une semaine, j'ai respiré avec Mikael, Erika et Lisbeth. C'est fait donc. C'est même fini. Et je porte le deuil de Lisbeth. Je ne la rencontrerai plus au détour d'une page, d'un mail, d'une rue de Stockholm. Et je vis cela comme si j'avais perdu une amie.
Mais laissons là mes addictions. Et reprenons au commencement. Le premier tome de la trilogie. Hélas, trois fois hélas, jamais un tome de plus. Encore un deuil à faire ...
Ce premier volet, Les hommes qui détestaient les femmes, commence avec Mikael Blomkvist. Ce journaliste, connu pour ses critiques engagées contre le monde de l'économie, est reconnu coupable de diffamation contre la personne de Hans-Erik Wenneström, un industriel aux affaires plus que douteuses. Condamné à une amende importante et à une peine de prison, notre héros décide de prendre de la distance afin de sauver sa revue, Millénium. Il est alors engagé par Henrik Vanger, riche industriel suédois, afin d’écrire sa biographie, mais surtout de mener une enquête discrète sur la disparition, quarante ans plus tôt, de sa nièce Harriet. Notre héros s'attelle à la tâche sans grande conviction, mais les mystères s'accumulent puis lentement commencent à se laisser percer. Et Mikael de poursuivre ses recherches, secondé alors par Lisbeth Salander. Un personnage atypique. Cette jeune femme au physique d'adolescente anorexique est fermée, taiseuse, asociale, violente parfois, mais c'est aussi un as en informatique. Et le personnage central de cette série.
Dans ce roman, l'auteur prend le temps de planter le décor et les personnages. Le rythme est régulier. D'une lenteur agréable, paisible je dirais, jusqu'au tournant de l'enquête où tout s'emballe. Et Stieg Larsson de nous plonger dans les recoins sombres de l'horreur humaine.
Un polar à la forme classique revendiquée qui augure une suite époustouflante.

