07 avril 2008
Stieg Larsson, La reine dans le palais des courants d'air
En ouvrant ce roman, je sais déjà que ce sera le dernier. Stieg Larsson est mort, cela j'en avais connaissance en commençant à lire Millénium. Mais il y avait cette rumeur d'un tome quatre presque fini. Peut-être publié. Un espoir. Qui ne sera pas. Le roman n'existe pas, juste des notes préparatoires. Je reste donc à quai avec ma nostalgie.
Troisième et dernier tome donc. Rebelote. J'ai du mal à imaginer ce que cet auteur machiavélique va réussir à trouver de plus incroyable que ce passé qu'il a inventé à Lisbeth. Et me voilà à nouveau époustouflée!
Nous sommes à l’hôpital, Lisbeth est clouée au lit. Au même étage, au fond du couloir, l'homme qu’elle a essayé d’assassiner ( J'essaie de ne pas trop vous en dire au cas où vous liriez cette critique avant). Commence alors le combat pour prouver son innocence et faire donc la lumière sur toute cette affaire. Elle risque en effet l'hôpital
psychiatrique. A vie. Là où elle se trouve, elle ne peut rien faire. Le veut-elle d'ailleurs? A quoi bon parler aux médecins, aux autorités? L'a-t-on jamais crue?
C'est à nouveau Mikael qui s'en chargera. Mais cette fois-ci, il a ferré un gros poisson, trop gros pour lui? En effet, son défi n'est pas mince: faire condamner la section de la Säpo responsable des souffrances atroces imposées à Lisbeth des années durant. Mais on ne s'attaque pas impunément aux services secrets ...
Un nouveau genre donc pour ce dernier volet, une intrigue pleine de complots et de manœuvres ourdies en secret, au sein même des institutions de l'Etat démocratique.
06 avril 2008
Stieg Larsson, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
Le premier tome vous avait ébloui. Comme moi, vous éprouvez certaines craintes. L'auteur pourra-t-il faire mieux? Comment réussira-t-il à capter à nouveau votre attention? Vous pouvez cesser de vous en faire. N'ayez crainte: c'est pire.
Le deuxième volume suit d'abord Lisbeth. A la fin du tome précédent, son talent de hackeuse lui a permis de détourner une somme astronomique, tout en respectant ses propres règles morales. Nous la retrouvons donc voyageant dans le monde au fil de ses envies. Elle reste cette jeune femme frêle et renfermée du premier livre, mais plus libre, en tout cas de ses mouvements. Mais par les hasards et caprices de la météo, elle revient en Suède. Bien décidée à se maintenir à l'écart de Mikael.
Celui-ci, toujours rédacteur en chef à Millénium, enquête avec Dag Svensson sur des réseaux de trafics de femmes. Mais cela déplaît, irrite, particulièrement les personnes compromises par l'article et le livre en préparation. Dag Svensson et son amie sont assassinés. Un autre meurtre a lieu presque simultanément. Lisbeth Salander est soupçonnée et recherchée. Elle se terre. Mikael, convaincu de son innocence , mène la contre-enquête.
Ce deuxième apus nous plonge dans le passé de l'héroïne, ses douleurs, ses souffrances, l'horreur sans nom de son enfance.
Je crois pouvoir dire que, des trois romans, c'est mon préféré. Le plus dense, le plus haletant, un thriller musclé. Et une critique acide de la société suédoise. du fonctionnement de ses institutions. Mais là encore, nous ne sommes pas au bout de nos surprises...
03 avril 2008
Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Des mois que je retardais cette lecture. Des mois de résistance. Par peur. Peur d'être déçue après tant d'échos élogieux. Par besoin de temps aussi. Parce que je savais que si le premier tome me plaisait, je ne résisterais aps aux deux suivants. Et voilà, c'est fait. Pendant une semaine, j'ai respiré avec Mikael, Erika et Lisbeth. C'est fait donc. C'est même fini. Et je porte le deuil de Lisbeth. Je ne la rencontrerai plus au détour d'une page, d'un mail, d'une rue de Stockholm. Et je vis cela comme si j'avais perdu une amie.
Mais laissons là mes addictions. Et reprenons au commencement. Le premier tome de la trilogie. Hélas, trois fois hélas, jamais un tome de plus. Encore un deuil à faire ...
Ce premier volet, Les hommes qui détestaient les femmes, commence avec Mikael Blomkvist. Ce journaliste, connu pour ses critiques engagées contre le monde de l'économie, est reconnu coupable de diffamation contre la personne de Hans-Erik Wenneström, un industriel aux affaires plus que douteuses. Condamné à une amende importante et à une peine de prison, notre héros décide de prendre de la distance afin de sauver sa revue, Millénium. Il est alors engagé par Henrik Vanger, riche industriel suédois, afin d’écrire sa biographie, mais surtout de mener une enquête discrète sur la disparition, quarante ans plus tôt, de sa nièce Harriet. Notre héros s'attelle à la tâche sans grande conviction, mais les mystères s'accumulent puis lentement commencent à se laisser percer. Et Mikael de poursuivre ses recherches, secondé alors par Lisbeth Salander. Un personnage atypique. Cette jeune femme au physique d'adolescente anorexique est fermée, taiseuse, asociale, violente parfois, mais c'est aussi un as en informatique. Et le personnage central de cette série.
Dans ce roman, l'auteur prend le temps de planter le décor et les personnages. Le rythme est régulier. D'une lenteur agréable, paisible je dirais, jusqu'au tournant de l'enquête où tout s'emballe. Et Stieg Larsson de nous plonger dans les recoins sombres de l'horreur humaine.
Un polar à la forme classique revendiquée qui augure une suite époustouflante.
20 janvier 2008
Arnaldur Indridason, La voix
Le roman démarre sur une image forte: un père Noël, pantalon baissé, pénis à l'air, est retrouvé assassiné dans un grand hôtel de Reykjavik . C'est Gulli,
le portier. Un homme seul, sans amis, sans attaches familiales. L'inspecteur Erlendur va, en cette veille de Noël, prendre en mains l'enquête.
Je suis une lectrice avide de policiers et polars. Ces derniers temps, les Suédois m'ont attirée. Voici ma première expérience islandaise et je ne suis pas déçue. Mais il est essentiel de souligner que ce n'est pas tellement l'enquête qui intéresse ici, mais les circonvolutions de celle-ci dans les méninges d'Erlendur, se mêlant à son passé à peine esquissé. C'est aussi la société islandaise et ses habitudes de vie, son mode de pensée. Et puis l'écriture d'Indridason qui, à elle seule, vaut le détour.
30 novembre 2007
Jens-Christian GRONDHAL, Piazza Bucarest
critique en attente
10 août 2007
Henning Mankell, Tea-Bag
Le roman s’ouvre sur l’arrivée dans un camp pour réfugiés d’une jeune Nigériane. Elle fuit la mort dans son pays et y échappe de peu en Méditerranée. Et la voilà prisonnière. En prison alors qu’elle n’a commis aucun crime.
Jesper Humlin est poète, il revient de vacances, surveille son bronzage et ses actions en bourse, évite sa petite amie et sa mère, leurs exigences et récriminations. Il tente aussi de mener sa barque face à un agent qui veut lui faire écrire un polar, ce genre à la mode auquel tout le monde s’essaie (beau clin d’œil de Mankell).
Les hasards de l’existence vont alors placer sur sa route la jeune Nigériane, qui a traversé l’Europe à pied et se fait appeler Tea-bag. Mais aussi Tania et Leïla. Toutes ont un passé douloureux, toutes font partie d’une autre Suède que Jesper ne connaît pas, dont il a à peine entendu parler aux informations. Une Suède clandestine qui vit à côté de lui, qui s’efforce de survivre.
L’histoire que chacune des héroïnes lui raconte au cours du roman (celle de Tea-Bag fut un moment fort de ma lecture) viendra confirmer son aveuglement. Mais ces trois filles sont loin d’être des victimes, comme elles le prouvent à un Jesper nombriliste et toujours obnubilé par ses intérêts.
Ce roman est sublime. Je suis particulièrement attirée par le sujet des sans-papiers. J’avais déjà lu Eldorado de Laurent Gaudé qui m’avait plu. Mais ceci est beaucoup plus fort. En effet, là où Gaudé nous laissait parfois une impression de flottement, Mankell réussit un roman qui allie tragédie et comédie, qui fait passer du rire aux larmes.
J’ai aimé l’auto-dérision dont fait preuve l’auteur en parlant de roman policier, j’ai adoré le clash entre cet intellectuel européen pris par ses petites préoccupations minables et la tragédie vécue par ces jeunes filles. La construction du roman qui alterne entre ces deux mondes permet au lecteur de se retourner sur lui. Faisons-nous, de notre côté, autre chose que Jesper ?
J’aimais les polars de Mankell, mais là je suis conquise : je ne peux que conseiller ce roman fort.
Vous pouvez lire les avis d'Allie et de BMR et MAM.
07 août 2007
Ketil Bjornstad, La société des jeunes pianistes
Nous sommes dans les années 60. Aksel perd sa maman. Suicide ou accident? Perdu, le jeune garçon décide de tout arrêter pour se consacrer à la musique, dont il partageait la passion avec sa mère. Il s'enferme chez lui, se ferme à tous et prépare le concours Jeune Maestro, dont ils avaient rêvé ensemble. Sûr de gagner, confortés en ce sens par les autres candidats, Aksel est plus qu'étonné de l'apparition, dans leur petit groupe intime de futurs pianistes, d'une inconnue, mais qui le fascine déjà: Anja Skoop.
C'est un beau roman de formation; Aksel est un personnage auquel on s'attache, tout comme Rebecca malgré ses poses. Ils semblent, dans ce monde exigeant de la musique, si fragiles, cette impression étant accentuée chez Aksel par sa solitude voulue et recherchée. L'amour inconditionnel qu'ils éprouvent pour la musique, leur dévotion à cet art, leurs doutes et douleurs rend ces jeunes touchants. Si frêles, parfois bien mal armés pour cet univers cruel des musiciens professionnels.
C'est un très beau roman, à l'écriture prenante. Aucune mièvrerie ici, une certaine distance même mais qui n'empêche pas l'émotion de nous prendre. Et une façon de parler de la musique!
18 septembre 2006
Karin Alvtegen, Recherchée
Sybilla a choisi de couper tous les ponts qui l'attachaient à la société. Elle vit à sa frontière. Mais un jour, le hasard lui fait croiser un homme et ces quelques instants changent sa vie: recherchée pour homicide, elle doit se cacher, mais aussi prouver son innocence, puisque les meurtres continuent. Mais comment faire quand on n'existe pas?
Roman policier, enquête psychologique et regard sur une société cadenassée qui rejette ceux qui la remettent en question.


