10 avril 2008
Insa Sané, Du plomb dans le crâne
Nous sommes en novembre 2005. En plein embrasement des banlieues. Alassane est un jeune homme sans histoire dont la rage et le ressentiment s'expriment ce soir-là. Prince est un truand, un caïd qui sort de prison. Ils se croisent. Ils se connaissent. Le lien entre eux ? la banlieue. Un univers dont on ne peut sortir. Un monde où l'avenir n'est pas prometteur quels que soient tes talents, quels que soient tes efforts.
Le message est attirant, j'attendais beaucoup de ce livre. Et je suis un peu déçue. Parce que j'en attendais trop peut-être. Probablement. Je suis restée sur ma faim.
S'il est vrai que j'ai été un peu gênée par la langue, plus que réaliste, je suis consciente qu'elle est l'outil idéal voire nécessaire pour décrire cette réalité, ce monde et cette ambiance trash. Mais bon, au bout d'un moment, cela m'a lassée.
Par contre, la scène finale m'a laissée sans voix, elle rachète à mes yeux certains passages moins forts.
Petite remarque contextuelle pour ceux qui me liraient régulièrement: je n'ai pas fait le meilleur choix en optant pour cette lecture après une semaine d'apnée millénium. Quel roman aurait tenu la distance?
27 janvier 2008
Thomas Lavachery, Bjorn aux enfers tome IV
Au moment de faire la critique du tome IV de la deuxième aventure de Bjorn (Bjorn aux Enfers), je réalise que je n'ai jamais parlé de lui ici. Que voilà un oubli à réparer!
Bjorn est un morphir (comme l'indique le titre du roman fondateur). Ce jeune garçon originaire du Fizzland et plutôt peureux va, en effet, dans le premier tome se découvrir non seulement du courage -ce qui en soit est déjà incroyable- mais surtout de la force, du talent et de l'héroïsme. Ces découvertes se font au gré des permières aventures du jeune garçon. Mais comme le personnage est sympathique et le monde créé plein de possibilités, Thomas Lavachery a eu envie de continuer à s'amuser avec Bjorn. Et avec ses compagnons: Sigrid, la jeune cousine intrépide et amoureuse, Ketill le Rouge, le valeureux grognon au coeur doux, Svartog le demi-hirogwar et sa cape magique et le dragon Daphnir. Dans le deuxième tome, ils partent en mission dasn les Enfers, mandatés par le Roi pour y délivrer son fils aîné le prince Sven et évincer son frère l'horrible prince Dar!
Depuis, il y a eu trois tomes aux Enfers et voici le dernier. De cette aventure, puisque Thomas Lavachery m'a promis une autre aventure après celle-ci... Merci Thomas!
On retrouve donc notre petite troupe au lendemain de son combat contre Dar. Ils sont épuisés, blessés. Et toujours pas au bout de leurs peines... Il leur "reste" à traverser le sixième et dernier étage des enfers, affronter Mamafidjar, la Reine des Enfers, et lui arracher le prince Sven. Nos braves amis s'engagent dans cette dernière bataille, en n'oubliant pas la prédiction d’Ama : « Deux des quatre périront. »
Voilà un roman que j'ai dévoré, comme les quatre autres avant lui. J'ai découvert Bjorn le Morphir grâce à Déborah (passez la voir dans sa librairie La Licorne, chaussée d'Alsemberg à Uccle, ça vaut la peine) et puis j'ai rencontré Thomas Lavachery. Un vrai plaisir. Encore merci Thomas pour ces aventures et pour le joli Daphnir de mon tome IV. Il a créé dans ses romans un monde étonnant qui ne ressemble à aucun autre. Un peu de vikings, une cuillèrée de dragons, un soupçon de trolls et une pincée de loup-garou. Et voilà un livre à l'alchimie détonnante et haletante.
Et un roman fantasy jeunesse de qualité.
17 août 2007
Pierre Coran, L'éphélide
Stéphane, le jeune héros, est sur le point de passer le bac. Son quotidien s'organise autour de cet enjeu et de sa famille: entre sa mère et la soeur jumelle de celle-ci, Aurélie et Aurélia, figures féminines omniprésentes, contrairement au père en retrait. Un hasard de la vie l'amène à rencontrer son oncle, séparé de sa tante depuis sa naissance. Cette rencontre est précieuse pour Stéphane, elle l'amène aussi, avec sa cousine à découvrir un cahier bleu, le journal secret d'Aurélia. Il prend conscience que beaucoup de mystères subsistent de cette époque qu'aucun adulte n'évoque jamais.
Voici un beau roman jeunesse, sensible, sur la difficile relation entre les jumeaux, mais surtout sur la difficulté à vivre avec eux, à côté de ce couple soudé.Pour Aurélia se pose aussi cette question: est-on quelqu'un sans son double?
Les personnages sont pleins, on n'a aucune peine à croire en eux, en leurs épreuves et leurs douleurs. Il plane autour d'eux un mystère, une ambiance faite de silences parfois lourds. Le secret de famille, thème trop traité, est amené de façon naturelle : Coran ne verse pas dans la mièvrerie. Ouf. Sans oublier de belles images, des phrases à la belle mélodie, particulièrement autour de la grossesse d'Aurélia.
08 août 2007
Jean-Baptiste Baronian, Quatuor X
Rubens est détective privé, blasé, la cinquantaine, pas vraiment l’enquêteur brillant des romans policiers. Il se trouve chargé d’un boulot par un producteur spécialisé dans les films X : retrouver sa fille. Et dès les premières démarches, il tombe sur un cadavre. Et la police ensuite: ouïlle.
Son enquête plonge alors dans les milieux du X et tend, par des coïncidences trop nombreuses, à le replonger dans son passé.
Le roman se passe à Bruxelles, et pour une lectrice bruxelloise comme moi c’est agréable, assez inhabituel pour le noter. Mais c’est un Bruxelles glauque et brumeux que nous dépeint ici Baronian. Qui plus est en hiver ! En plus, l'intrigue est fort compliquée, on s'y perd parfois tant les événements s'enchaînent. Et une masse démesurée de coïncidences, une résolution si rapide que j'ai dû la relire...
Il m'en reste un goût de trop peu.
03 août 2007
Evelyne Wilwerth, 16-1=14
Une Classe de 4ème de Stavelot remprte un coucours littéraire et gagne un séjour à Montréal. Dès leur arrivée, ce qui pour ces jeunes devait être un moment de joie et de plaisirs prend des allures de drame. Airelle, une des élèves, disparaît et son mailleur ami part aussitôt à sa recherche.
Ce roman commence agréablement, sur une tonalité amusante. Mais il n'a pas tenu ses promesses. En effet, le thème du secret de famille, chouchou des romans ado, est ici présenté de façon un peu trop gnan gnan. Ou alors plutôt pour des lecteurs plus jeunes que les héros...
17 juillet 2007
Jean-Claude Mourlevat, Le Combat d'hiver
Nous sommes sans un pays non identifié, le nôtre, celui d'à côté, peu importe. La Phalange le dirige d'une main de fer. Un régime autoritaire contre lequel personne ne se lève plus. Ceux qui s'y sont sont essayés sont morts. Leurs enfants croupissent aux quatre coins du pays dans des internats-prisons. C'est par eux pourtant que le changement survient. Par Milena et Bartolomeo qui, les premiers, s'évadent. par Helen et Milos qui tenteront de les retrouver. Ces quatre adolescents forment les voix de ce romans, pures et idéalistes, plongées au coeur de ce monde de barbarie.
C'est un beau roman. Je connaissais l'auteur de nom, pour l'avoir entendu de la bouche d emes élèves, évoquant La rivière à l'envers, lu en deuxième secondaire souvent. Ici, s'il s'agit toijours d'un roman en collection jeunesse, il vise les plus grands, au moins 14-16. Ce roman m'a bien accrochée, alors que cela faisait un petit temps qu'il attendait là sur mon armoire à lire. beaucoup de rythme dans cette histoire. Et une idée originale que ces enfants découvrant qui étaient leurs parents en reproduisant leurs gestes. Milena a la voix envoûtante de sa mère, Bartolomeo porte en lui la même force que son père, ...
Bien sûr, le roman frôle le manichéisme et pourrait lasser par son apologie incessante de la non-violence érigée en vertu, mais il le fait sans trop en rajouter, restant souvent à la lisière. L'auteur donne ainsi la sensation d'avoir voulu éviter les pièges de certains écrits pour la jeunesse. Je dis bien certains.
Et puis, c'est un bel hymne à la force populaire - dénonçant au passage la passivité de ce même peuple - et à l'enthousiasme de l'adolescence. Et ça ne fait pas de mal...
07 juillet 2007
Rose Berryl, Damenndyn t.1
Ce roman, dû à une jeune Montoise, met en scène une jeune héroïne, Damenndyn. Elle vit au royaume de Lythuste, l'une des cinq îles du Grand Monde, dans un orphelinat organisé par les prêtresses de la déesse Torgani. Sa vie est paisible, rythmée par des cours d'art et de musique, des offices divins ... et des sorties interdites en forêt avec son copain Daïron. Jusqu'au jour où la prêtresse mère lui remet un grimoire mystérieux dans lequel elle se plonge et suit les aventures de chevaliers volant au secours d'un château envahi par les ténèbres. Damenndyn, sujuguée par ces aventures, commence à se demander si celles-ci n'influent pas sur son univers, tant l'ambiance autour d'elle devient sombre et pleine de mystères.
Nous sommes donc plongé ici dans des aventures fantastiques médiévales, organisées en histoires parallèlesimbriquées autour du grimoire: celle de Damenndyn rejoignant bizarrement la mission des chevaliers. Au départ, je suis plutôt attirée par l'ambiance, le genre et l'idée. Et puis... rien n'y fait, j'ai eu beaucoup de mal avec le style, étant souvent arrêtée par l'écriture. L'action est là, mais sans plus, il y manque tout le reste qui fait que les personnages ont de l'épaisseur, qu'on croit en eux. Il faut dire qu'il y ici une grande quantité de personnages importants, ce qui rend leur différenciation moins aisée.
A la fin, je suis sortie frustrée et ennuyée de cette lecture. Cerise sur cette impression: la dernière page qui crée l'attente mais sans rien résoudre des mystères traversés. Un peu frustrant quand on a prévu de ne pas continuer.
27 juin 2007
Nicolas Keszei, Peau de clown
Kamel et Rémi sont amis, frères pour la vie. Ils partagent leurs journées et leurs rêves. Ils rêvent d’un grand voyage et n’ont, pour le réaliser, trouvé d’autre moyen que le vol. Alors ils revendent des autoradios. Mais ce rêve ne se réalisera jamais. Rémi est abattu par le propriétaire d’une voiture et Kamel, face au meurtrier de son meilleur ami, commet le même geste. Commence alors pour lui une fuite effrénée avant de se retrouver dans un cirque. Il essaie alors de s’y reconstruire, entouré de loin par ses nouveaux amis qui le laissent grandir sans questions.
Superbe roman, tout petit mais fort, scandé par trois voix, celle de Kamel, de Piotr et de Nestor le lion. Des voix atypiques, une langue souvent amusante pour dire des réalités fortes.
15 juin 2007
Lian Hearn, Le Clan des Otori - Le vol du héron
Ma rencontre avec cette série date de quelques années. Si vous me "visitez" souvent, vous savez que je lis tant des romans jeunesse que des livres catalogués adultes. Je ne crois pas à l'infériorité affichée par certains de la littérature jeunesse. Je suis toujours heureuse lorsqu'un roman pour jeunes passe en collection adulte ... c'est le cas de cette série qui conte les aventures de Takeo et Kaede, jeune couple de héros qui devra affronter de nombreuses épreuves, d'innombrables ennemis dans ce Japon médiéval et mythique avant de pouvoir accéder à son héritage, s'aimer et imposer la paix dans les Trois Pays.
Le vol du héron est le quatrième tome d'une trilogie. L'auteur est revenue sur son projet initial, qui tenait fort bien la route, et lui a adjoint deux tomes (le suivant doit encore sortir et reviendra sur la période qui précède le premier tome). Cet épisode-ci nous présente nos deux héros adultes, dirigeant fort intelligemment leur royaume unifié et pacifié. Mais ce bonheur est déjà mis en danger par l'existence des filles jumelles du couple royal, la gémellité étant ressentie comme annonciatrice de malheurs. Et puis, des membres de la Tribu, malgré les efforts de Takeo, persistent à mettre en doute son pouvoir et tentent encore et encore de se venger de lui. Enfin, une contestation voit le jour au coeur même de la famille régnante: la soeur de Kaede et son mari complotent afin de s'attribuer davantage de pouvoir, quitte à laisser entrer les étrangers et leurs armes à feu. Mais ce ne serait rien si un élément ne venait accentuer ces tensions existantes et mettre le feu aux poudres: l'Empereur lui-même met en doute la légitimité du pouvoir de Takeo. Et c'est le début d'une nouvelle aventure pour le couple et leurs trois filles.
J'aime l'ambiance de ce roman, je me suis plu à retrouver ces personnages, mais il m'a manqué ici un petit quelque chose pour m'y plonger totalement, pour y croire tout à fait. J'ai eu la sensation pendant cette lecture que l'écriture me heurtait parfois, moins déliée et musicale que dans la trilogie, comme si l'harmonie entre aventure et écriture m'avait manqué ici.
Mais si vous n'avez jamais lu ces romans, prenez donc cette trilogie en vacances: un vrai dépaysement.
02 février 2006
Jean Molla, Felicidad
Hommage à Blade Runner. ça commence bien, je suis fan de science-fiction et j'aime ce film.
Evocation d'une société au bonheur obligatoire, au conssumérisme dicté, diktat. Le tout, rythmé par une enquête policière avec, en fond d'écran, l'éternel questionnement: qu'est-ce qu'un être humain.
Un bon roman jeunesse, qui mérite d'être lu par tous.
