24 mars 2008
Scarlett Thomas, La fin des mystères
Voilà un roman inattendu.A la fois fiction et vulgarisation scientifique. L'auteur nous emmène dans un monde d'une irréalité totalement crédible voire réaliste. C'est un peu fou.
20 mars 2008
James Hawes, Pour le meilleur et pour l'Empire
Un roman plein de cet humour anglais pince sans rire qui me plaît tant.
17 mars 2008
Zadie Smith, Sourires de loup
Quel beau roman! Voilà des années, sur conseil d'une amie, après lectures
de critiques fortes et belles, j'ai acheté ce livre pour l'offrir à ma maman.
Et puis je n'y ai plus pensé. Jusqu'à ce que Xavier et Amandine, mes bourreaux
de lecture, me le conseillent à nouveau. Et me voilà, au sortir de cette
lecture, très contente encore une fois de les avoir écoutés.
Nous sommes en Angleterre.
Le roman démarre dans une voiture. Un homme, Archie, abandonné apr sa femme,
prépare son suicide. Malheureusement pour lui, le propriétaire de la boucherie
hallal devant laquelle il a garé son instrument de mort ne l’entend pas de
cette oreille ! Et nous voici lancés dans une saga familiale aux
situations drôles, mettant en scène des personnages plus loufoques les uns que
les autres. Petite liste non exhaustive : Abdul-Colin et Abdul-Mickey dont
les prénoms tentent un mélange pas toujours heureux ; Hortense, la grand-mère témoin de Jéhova
d’Irie dont la vie s’organise autour de la fin tant attendue du monde ; l’organisation
Keepers of
the Eternal and Victorious Islamic dont l’acronyme KEVIN
« fait
problème »et last but not least Souris du futur (marque déposée).
Et des répliques, des descriptions succulentes
qui me font encore rire aujourd’hui : Clara Bowden, superbe jamaïcaine,
« qui n’avait pas besoin de soutien-gorge – elle était totalement
indépendante, même vis à vis de la pesanteur » ; Alsana :
« très traditionaliste, très religieuse, il ne lui manquait qu’une
seule chose la foi »; Mme Chalfen demandant lors d’un dîner comme il faut à
ses deux invitées lesbiennes si "elles se servent mutuellement de leurs seins
comme d’oreillers" .
Enfin, bien que long, ce livre est
prenant, bien construit. Je veux bien admettre ce que certains considèrent
comme des longueurs, mais je dois aussi dire que je ne me suis jamais ennuyée.
Un livre drôle sur un sujet difficile, c’est rare.
10 mars 2008
Alexandre Dumas, Pauline
Prochaine lecture du
pour le 1er mai:
Tzvetan Todorov, L'esprit des Lumières
Jean Teulé, Je, François Villon
Ah que voilà un roman dérangeant... Mais commençons par le commencement.
De Villon, que savais-je? Pas grand-chose, le minimum inhérent à mes études de romaniste: son importance en tant que poète, sa vie délurée et dangereuse, le mystère autour de sa "disparition" et son oeuvre. Surtout.
J'ai des souvenirs de La Ballade des pendus:
De notre mal personne ne s'en rie
Mais priez dieu que tous nous veuille absoudre
De celle des Dames du Temps Jadis, passages d'une beauté nostalgique:
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Ce n'était pas si mal ce que j'en savais donc. Mais rien qui m'eût préparé à ce que j'ai lu là! Je me suis retrouvée prise dans une déferlante de violence, de sexualité débridée et d'inhumanité assumée. Jean Teulé brosse un portrait -magnifique s'il en est- de ce moyen âge si peu connu. Je ne discuterai pas ici le caractère scientifique de l'œuvre, peu m'importe finalement, mais quelle force, quelle énergie dans ce roman. Bien sûr au service de l'horreur, une ignominie sans nom. Mais est-ce un problème? Baudelaire parlait de faire du beau avec l'horreur et c'est bien ce à quoi parvient Jean Teulé.
Mais revenons à ce roman. Nous suivons un Villon qui hésite entre la vie paillarde que son statut d'étudiant et la bonté de son tuteur lui permettent et l'horreur et l'abomination des Ecorcheurs et des Coquillards. Et il choisira. Lors d'une scène où culmine l'inhumanité de ce personnage. Une scène que je pourrais dire d'anthologie si elle ne m'avait pas définitivement éloignée du personnage. Définitivement, parce que si je peux, comme l'explique avec brio Katell, comprendre le cheminement qui le mène à cette extrémité, dans ce Paris où vie et mort ne pèsent pas bien lourd, j'ai été dépassée par l'horreur, l'injustice de cette scène. Une déferlante de haine lorsque Villon assiste, immobile, au viol bestial d'Isabelle.
Par la suite, les douleurs, malheurs vécus par notre personnage, son supplice entre les mains du bourreau me ramèneront à un regard moins distancié et dégoûté. Jusqu'à la fin. Mais reste cette horreur que je n'avais jamais lue et éprouvée aussi intensément.
C'est un roman que ne peut pas laisser indifférent. Je peux comprendre le rejet de certains lecteurs, le refus de cette explosion d'immondice. Je peux aussi comprendre l'attraction pour un personnage comme Villon. Il me reste à moi une vision très forte de cette époque, l'impression d'une plongée cinq siècles en arrière. Je ferme le roman, heureuse de vivre aujourd'hui.
Cette lecture m'a été proposée par le
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