Les lectures de Sole

Recueil de notes sur mes rencontres littéraires, un roman, un essai, peu importe, seul compte le plaisir des moments partagés avec ces mondes merveilleux et troubles.

27 janvier 2008

Thomas Lavachery, Bjorn aux enfers tome IV

Lavachery_Bjorn_IVAu moment de faire la critique du tome IV de la deuxième aventure de Bjorn (Bjorn aux Enfers), je réalise que je n'ai jamais parlé de lui ici. Que voilà un oubli à réparer!

Bjorn est un morphir (comme l'indique le titre du roman fondateur). Ce jeune garçon originaire du Fizzland et plutôt peureux va, en effet, dans le premier tome se découvrir non seulement du courage -ce qui en soit est déjà incroyable- mais surtout de la force, du talent et de l'héroïsme. Ces découvertes se font au gré des permières aventures du jeune garçon. Mais comme le personnage est sympathique et le monde créé plein de possibilités, Thomas Lavachery a eu envie de continuer à s'amuser avec Bjorn. Et avec ses compagnons: Sigrid, la jeune cousine intrépide et amoureuse,  Ketill le Rouge, le valeureux grognon au coeur doux, Svartog le demi-hirogwar et sa cape magique et le dragon Daphnir. Dans le deuxième tome, ils partent en mission dasn les Enfers, mandatés par le Roi pour y délivrer son fils aîné le prince Sven et évincer son frère l'horrible prince Dar!
Depuis, il y a eu trois tomes aux Enfers et voici le dernier. De cette aventure, puisque Thomas Lavachery m'a promis une autre aventure après celle-ci... Merci Thomas!

On retrouve donc notre petite troupe au lendemain de son combat contre Dar. Ils sont épuisés, blessés. Et toujours pas au bout de leurs peines... Il leur "reste" à traverser le sixième et dernier étage des enfers, affronter Mamafidjar, la Reine des Enfers, et lui arracher le prince Sven. Nos braves amis s'engagent dans cette dernière bataille, en n'oubliant pas la prédiction d’Ama : « Deux des quatre périront. »

Voilà un roman que j'ai dévoré, comme les quatre autres avant lui. J'ai découvert Bjorn le Morphir grâce à Déborah (passez la voir dans sa librairie La Licorne, chaussée d'Alsemberg à Uccle, ça vaut la peine) et puis j'ai rencontré Thomas Lavachery. Un vrai plaisir. Encore merci Thomas pour ces aventures et pour le joli Daphnir de mon tome IV.  Il a créé dans ses romans un monde étonnant qui ne ressemble à aucun autre. Un peu de vikings, une cuillèrée de dragons, un soupçon de trolls et une pincée de loup-garou. Et voilà un livre à l'alchimie détonnante et haletante.
Et un roman  fantasy jeunesse de qualité.

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20 janvier 2008

Arnaldur Indridason, La voix

indridasonLe roman démarre sur une image forte: un père Noël, pantalon baissé, pénis à l'air, est retrouvé assassiné dans un grand hôtel de Reykjavik . C'est Gulli, le portier. Un homme seul, sans amis, sans attaches familiales. L'inspecteur Erlendur va, en cette veille de Noël, prendre en mains l'enquête.

Je suis une lectrice avide de policiers et polars. Ces derniers temps, les Suédois m'ont attirée. Voici ma première expérience islandaise et je ne suis pas déçue. Mais il est essentiel de souligner que ce n'est pas tellement l'enquête qui intéresse ici, mais les circonvolutions de celle-ci dans les méninges d'Erlendur, se mêlant à son passé à peine esquissé. C'est aussi la société islandaise et ses habitudes de vie, son mode de pensée. Et puis l'écriture d'Indridason qui, à elle seule, vaut le détour.

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15 janvier 2008

Joann Sfar, Greffier

sfarRichard Malka, avocat de Charlie Hebdo, à propos du procès dit des caricatures: «C’est quand même le seul procès des caricatures du monde. Et la question de fond est: est-ce que, en France, on a le droit de critiquer la religion? Nous pensons que oui. Ceux qui nous attaquent essaient de faire sanctionner le blasphème, sans le dire.»
Et c'est de ces deux journées de février 2007 que nous rend compte Joann Sfar ici. Mais à sa sauce évidemment. Ce qui fait de ce document une oeuvre hybride, ni BD ni compte-rendu d'audience à proprement parler. Mais un récit haletant et fort dans sa réflexion sur la société, sur ce que signifie la liberté d'expression.

"7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte de l’intégralité des débats (…) Je suis fils d’avocat et ai eu la chance de fréquenter très tôt les prétoires. Je crois que c’est instructif, de raconter un procès du début à la fin.”
Joann Sfar
Je connaissais Sfar par sa BD Le chat du Rabin, qui vaut incontestablement le détour. Je ne savais rien de sa participation à Charlie Hebdo. Que je ne lis pas d'ailleurs. Je n'ai suivi ce procès que d'une oreille, comme bien des gens. Mais cette lecture m'a réveillée. Sur les enjeux de ce procès, mais surtout sur les enjeux actuels. La tendance à confondre blasphème et racisme, alors même que nous sommes dans une société où ce dernier n'est pas sanctionné. On n'aurait plus le droit de se moquer des opinions de son voisin? La religion est une opinion, comme une autre, elle n'est en aucun cas assimilable à l'individu lui-même.
Voilà, parmi tant d'autres des idées que je retiens de ma lecture. Et des paroles éblouissantes de clarté de Mohamed Sifaoui. D'Elisabeth Badinter.
On en vient à regretter que Sfar ait la main lente.

sfar2

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07 janvier 2008

Jean Teulé, Je, François Villon

teul_Il était dans ma PAL 2008, voici donc une deuxième bonne raison de le lire. club_des_bloggueuses C'est en effet le livre sélectionné pour mars.

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PAL 2008 (2)

Décembre 2007 m'a vu nettoyer ma PAL 2008, il va falloir que je la refournisse!
En décembre, en plus de Jorn Riel, j'ai lu:

Metin Arditi, Le fille des Louganis
Muriel Barbery, L'élégance du hérisson
Agnès DESARTHE,  Mangez-moi
   
Khaled Hosseini, Mille soleils splendides (j'ai craqué, je l'ai acheté...)


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Jorn Riel, la vierge froide et autres racontars

rielAvec quelques jours de retard, voici mon billet pour la seconde lecture du club_des_bloggueuses.
Avant de vous donner mons avis, que je vous raconte - une fois n'est pas coutume- les conditions assez particulières dans lesquelles je l'ai lue. Cette année, je passais les fêtes dans ma famille en Uruguay. C'est assez rare pour que ce voyage se transforme pour moi en événement qui m'excite, me met sur nerfs, me rend heureuse avant même le départ. Donc, rien n'est improvisé: j'ai dix-sept jours sur place pour rattraper plus de deux ans de séparation, pas question de m'inquiéter alors de détails matériels. Avant la date, tout est prête donc. La veille, dernière course pour me procurer le roman, introuvable en bibliothèque jusqu'alors. Et je suis parée: le livre dans mon sac de voyage, je compte profiter des quelques quinze heures de vol pour avancer, d'autant que ce n'est pas un volume épais. Mais c'est sans compter sur l'ennui de mes boutchous qui, à trois et cinq ans, ne s'occupent pas seuls. Pas de lecture donc.
Pas de problème, dès mon arrivée, je m'y mets. Et c'est là qu'intervient un détail climatique qui, vu la lecture choisie, ason importance. En effet, en décembre, en Uruguay, le thermomètre oscille entre 25 et 35 degrés. Pas évident de se sentir en osmose avec nos chasseurs du grand nord!

Mais peu importe, j'ai bien aimé ce livre -recueil de nouvelles ou roman, au choix - tant parce que sa forme est rafraichissante que parce que j'ai pris énormément de plaisir à côtoyer ces gaillards à la tendresse rugueuse et malhabile. J'avais déjà lu La passion secrète de Fjordur et - est-ce la nouveauté? est-ce la cohésion plus forte des histoires?- j'ai davantage apprécié cette première lecture. Mais c'est un bon moment que j'ai passé ici à me rafraîchir aux viriles histoires de ces énergumènes arctiques! Et j'ai, comme Sylire (merci à toi et à Lisa pour cette organisation), particulièrement accroché aux Joyeuses funérailles, mais aussi à la dernière, incroyable!

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03 janvier 2008

Khaled Hosseini, Mille soleils splendides

hosseini_soleilsC'est vrai, ce roman me plairait, je le savais. J'avais été prise par Les Cerfs-volants de Kaboul, je m'attendais à être happée par le second. Malgré cette légère craint: et si Khaled Hosseini ne faisait que reprendre une formule qui a fait ses preuves? Donc je croyais pouvoir aimer ce livre. C'est la raison pour laquelle je l'ai rangé dans ma valise. Elu pour les vacances aux soleils.

Mais plein de choses à lire, à vivre. Rencontres humaines pendant cette quinzaine. Emotions dans le partage humain. Alors pour Milles soleils... , ce fut la veille de notre retour. Une nuit moite. pleine de moustiques. Une nuit de tristesse aussi. Comment dire au revoir à ceux qu'on aime? Comment dire on se reverra mais je ne sais pas quand ce sera? Comment dire Grand-mère, sois là à mon retour?
Une nuit d'insomnies. Peuplée par la vie de ces héroïnes dont Hosseini a choisi de parler. Une nuit à vivre leur vie, avec elles, près d'elles. A pleurer aussi.

Mariam et Laïla. deux femmes que rien ne rapproche, à l'exception de leur pays. La première grandit dans une clairière, pauvre, à l'ombre de son amour pour son riche père absent. Adolescente, elle se voit forcée d'épouser Rashid, un vieillard, de trente ans son aîné! Et sa vie aux côtés de cet homme brutal s'organise, exempte de toute joie. Même pas une vie de sacrifice, pour cela il faut avoir une raison ...
Dans son quartier, mais si loin de sa réalité, grandit Laïla. Elevée par des parents ouverts et progressiste, cette jeune fille s'épanouit, grandit, étudie et aime. Jusqu'à la mort de ses parents. Recueillie par Rashid, elle devient sa deuxième épouse, celle dont il espère un enfant.
Rien ne pousse ces femmes à se parler, rien ne semble les rapprocher, si ce n'est leur condition identique face au mâle.  Soumises toutes deux à la violence, aux coups et à la haine de leur mari. Réunies toutes deux dans l'amour des enfants. Elles tentent alors de fuir. Quitter cet enfer qu'est devenu l'Afghanistan.Et d'abord Kaboul, jadis la cité aux "mille soleils splendides".

Une histoire forte en émotions, en souffrances et injustices donc. Un récit prennant que j'ai dévoré, luttant contre les larmes, puis abandonnée à celles-ci. On pourrait dire -on le dira sans doute - que l'auteur se sert de certaines ficelles, que ce roman n'évite pas toujours l'émotion facile. Soit. Mais ces femmes sont une synthèse de tants d'histoires vécues, de tant d'existences ruinées, tuées dans l'oeuf que l'on ne peut leur reprocher "l'émotion facile".
D'autant que le roman attrappe aux coeur et aux tripes. Cet effet coup de poing a le mérite de ne pas laisser insensible. Et de nos jours, ce n'est pas rien!

coeur_dessin_

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