barberyVoilà un roman dont il est difficile de ne rien savoir. Il arrive entre mes mains précédé d’une très très bonne critique. Mes amis lecteurs m’en vantent les qualités : « C’est un livre que tu dois lire », « et ces passages délicieux sur Kant et Husserl ! », « atypique, vraiment, jamais rien lu de comparable ».

J’ai toujours du mal à me précipiter sur des lectures unanimement vantées. Peut-être par peur d’être du même avis… J’ai donc tardé, mais nul ne saurait résister à l’appel du bon roman si longtemps.

Et me voilà donc embarquée avec Renée et sa vie de pseudo concierge. Enfin, vraie concierge mais pseudo ignorante. Clairement, alors que je suis une lectrice empathique, je peux dire que ce personnage ne m’a pas touchée. Mais je soupçonne Muriel Barbery d’en être consciente. Qu’elle l’ait voulu ne m’étonnerait pas… En effet, ce personnage est déjà impossible à imaginer, alors le rendre émouvant ! Tout de même, elle redevient humaine, relevant ses défenses intellectuelles, ôtant son tablier de mégère lors de ses rencontres avec Kakuro.

Je ne m’attarderai pas non plus sur Paloma, cette pauvre petite fille riche … « Exceptionnellement intelligente ». On envient à souhaiter à nos enfants la bêtise en cadeau des fées, parce que si l’intelligence mène au destin de Paloma, beurk !

Plus à mon goût, plus humaine, plus gaie, Manuela. Heureusement qu’elle existe d’ailleurs pour qu’on y croie un peu. Qu’on s’arrête sur l’humain. Jusqu’à l’arrivée d’un nouveau… LUI.

Car il y a Kakuro. Quel homme ! Une sensibilité qui pardonne son savoir. Parce que dans ce livre, il n’est question que de cerveaux surdimensionnés et de cœurs hypertrophiés. Alors lui, c’est une perle.

Mais tout de même,  ce roman a d’indéniables qualités : celle de m’avoir fait à d’incalculables reprises (les sushis à trente euros pièce de Kakuro). Et, malgré tous mes sarcasmes,  j’y ai aussi été émue. Ah les camélias ! Enfin, parce que c’est aussi une œuvre culturelle, je m’y suis en partie retrouvée : dans ce bric à brac de préférences hétéroclites, allant du cinéma populaire à la mort de Didon.