11 mars 2007
Khaled Hosseini, Les cerfs-volants de Kaboul
Un moment que j'ai emprunté ce roman à la bibliothèque, poussée par la bonne critique à sa sortie française. Et intéressée à l'idée de le comparer au roman de Khadra, Les hirondelles de Kaboul, qui m'avait déçue. Et là je me suis lancée. Peut-être parce que les autres romans qui m'attendent sont des briques et que j'ai besoin d'une pause. Je lirai donc bientôt La Chorale des Maîtres-Bouchers et La rose pourpre et le lys. Mais avant, Les cerfs-volants et l'amitié entre Hassan et Amir. Amitié?
Le roman commence, ou plutôt replonge son narrateur, dans l'Afghanistan des années 70. Amir et Hassan vivent sous le même toit, mais l'un est le fils de la maison, l'autre celui du domestique, le premier est pachtoune, le second hazara, Amir est sunnite et Hassan chiite. Au-delà de ces différences, ils grandissent ensemble. D'abord frères ed lait, puis compagnons de jeux. Mais tout les sépare, particulièrement la jalousie d'Amir quand il s'agit de gagner une miette de l'amour et de l'attention de son père lointain et froid.
Dès les débuts, je suis sensible à la faute qu'Amir devenu adulte devra racheter. je sens bien aussi la difficulté à choisir entre l'amitié et le pouvoir qu'il peut exercer sur Hassan. cette relation est pipée dès le départ et les efforts de Baba - le père d'Amir - pour traîter ponctuellement les deux garçons de façon égalitaire me semblent un voeu pieu. Un leurre.
Ce roman m'a surprise, bien sûr j'en avais des attentes, mais je ne croyais pas accrocher à ce point. Et là, je suis restée pendue aux lèvres d'Amir, alors même que ce personnage ne m'était pas particulièrement sympathique. Mais séparé d'Hassan, il peut devenir lui-même, cesser la comparaison, la confrontation. Il a son père pour lui. Et celui-ci d'ailleurs, au fil du roman, se révèle à nous, sort de cette image statufiée d'homme parfait, de père froid et impénétrable. Tous les personnages de ce roman sont si humains.
Belle évocation sensible de l'exil: ce départ du père et du fils, bientôt rentrés, évidemment. Jamais on ne s'imagine que vingt ans vont passer avant que notre pied reprenne appui sur ce sol. Les espoirs si ténus de tant d'exilés qui s'accrochent tous à cette image, à ce demain. Il se passe donc vingt ans avant qu'Amir pénètre à nouveau en Afghanistan, mais ce pays est autre, dévasté par deux décennies de guerres, par la folie des talibans. Mais Amir cherche un enfant, un regard, Sorhab m'a émue, à la fois si frêle, mais malheureusement adulte avant l'âge.En Afghanistan, il y a beaucoup d'enfants, dit en substance le narrateur, mais l'enfance a disparu...
Commentaires
100% d'accord... Quel roman, que d'émotions! Plein de frissons et quelques larmes retenues...
communion
J'adore être dans cette situation, où, en plus d'aimer les gens, tu te rends compte que, sans le savoir, grâce à la littérature, tu as partagé des émotions forte, un peu comme si nous avions vécu ces moments ensemble...
bises
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