01 mars 2007
Fred Vargas, Sous les vents de Neptune
Que celui qui n'a jamais lu de roman de Fred Vargas commence ici par corriger ce grave manquement! Je crois pouvoir dire que je n'ai pas encore été déçue par cet auteur. J'ai commencé par L'Homme à l'envers, qui n'est pas son meilleur, mais un bon policier haletant, qui m'a permis de rencontrer le personnage d'Adamsberg, le commissaire de Vargas. Un flic atypique, c'est le moins que l'on puisse dire. Désorganisé, taiseux, apparemment dans la lune ou à côté de ses pompes, ce commissaire est déroutant. Du moins aux yeux de tout humain normalement constitué. Ensuite, j'ai lu Par vite et reviens tard, dont on vient de sortir l'adaptation (pas vue) au cinéma. Et là, vraie coup de foudre pour cet auteur. Intrigue hautement improbable - la peste à Paris au vingtième siècle??? un crieur public en plein centre de mégalopole à la même époque??? - et tout marche pourtant. Adamsberg promène son flegme et sa distraction - mais en est-ce?- à travers cette enquête prenante. Difficile à lâcher.
Tout cela pour en arriver à ceci: Sous les vents de Neptune. Que j'ai lu après sa suite. Oui, je sais c'est peu respectueux, mais que voulez-vous, on ne choisit pas ses cadeaux de Noël! Dans les bois éternels, donc. encore Adamsberg, le promeneur des bords de berge, commissaire chaussant ses baskets pour aller résoudre en flânant ses enquêtes. La rêverie comme méthode policière: un délice! Mais revenons, donc, au livre précédent dont je n'ai toujours aps dit un mot...
Adamsberg et son équipe s'envolent pour le Québec suivre un stage avec une équipe de policiers drillés aux méthodes scientifiques d'investigation: analyse ADN de cheveux, ongles, vêtements, sperme et j'en passe. Mais le commissaire ne part pas tranquille. la découverte du corps d'une jeune fille tuée de trois coups de couteau le renvoie à son histoire. Une affaire privée qui resurgit après trente ans. Ces trois coups de couteau façon trident embarquent Adamsberg dans une nouvelle aventure plus que risquée.
Cette histoire se passe donc en grande partie au Québec, sur les bords de l'Outaouais. Et l'on y rencontre nombre d'autochtones à la langue savoureuse. Si je peux imaginer que cette omniprésence de termes fleuris puisse à terme lasser, je dois dire que cela a, pour moi, fait partie du plaisir ressenti à la lecture de ce roman. Un des cochs (lisez flic) rencontrés là-bas donne d'ailleurs une belle définition d'Adamsberg, le décrivant comme un "pelleteux des nuages". Un vrai chum (ami) que ce coch-là, qui sauvera la vie du commissaire!
Et puis il ya Violette, qui transforme tout en énergie, Danglard le fidèle dont j'ai vraiment douté, éprouvant pour lui une haine teintée d'incompréhension, Camille qui passe en fil rouge, comme dans toute la vie de Jean-Baptiste Adamsberg. Et Raphaël, son frère, son double parfait mais si différent.
Il est toujours difficile, à mon humble avis, de dire pourquoi l'on aime un livre, il y a de ces attachements qui sont parfois inexplicables, du moins en partie. C'est le cas ici. Mais je peux assurer que le plaisir que j'ai pris à lire ce roman est proportionnel au rire qu'il a fait naître en moi. Et ce n'est pas rien de le dire.
Commentaires
Oups... j'avoue, jamais lu de Fred Vargas... promis, quand j'ai fini Khadra, je m'y mets! Tu me conseilles leequel?
Ouh!
Allez, c'est bon pour une foois. Commence par Pars vite et reviens tard ou par celui-ci, même si tu risques ici d'être perdue dans l'histoire d'amour.
Sinon, c'est quel Khadra que tu lis ma belle? Pour moi, le meilleur jusqu'ici c'est A quoi rêvent les loups, j'ai trop souvent été déçue après, avec un bémol pour L'attentat tout de même.
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