28 février 2007
Anne-Marie Garat, Dans la main du diable
Voilà une brique, pas des plus commodes à transporter, ni à lire au lit, mais qui m'a été conseillée avec une telle passion que je n'ai pu y résister.
Le roman commence en automne 1913 à Paris. Gabrielle Demachy, l'héroîne, jeune et forte, vient d'apprendre que son cousin, celui qu'elle aime depuis tant d'années, est décédé. Cette nouvelle tombe des années après sa mort, mystérieuse, en Birmanie. Peu satisfaite des demi-réponses que lui faont les officiels, elle se lance dans une enquête d’amour munie, pour tout indice, d'une paire de lunettes et d'un nom, celui de Pierre Galay, médecin et chercheur à l'Institut Pasteur.
C'est un vrai roman d'aventures, pleine de rebondissements, de retournements, jouant sur la distance entre ce que nous, lecteurs, savons, et ce que sait Gabrielle. Cette jeune femme est très attachante, prête à tout pour cet amour de toujours, mais doté d'un tel caractère qu'elle ne réalise même pas qu'elle est attirée par un autre homme. Ah, ce Pierre Galay, quel bel homme, de papier eh oui!, réservé et discret mais profondément humain et tendre.
Pour l'instant, je me régale. Et ç'a été le cas jusqu'à la fin! Un vrai plaisir de lecture. J'ai été prise par les personnages, qui m'ont tous touchée, par leur charme, leur beauté humaine, leurs faiblesses. Mais j'ai aussi été tenue en haleine par les rebondissements sans cesse renouvelés, tous plus inattendus les uns que les autres. Enfin, le cadre historique de cette grande aventure, qui m'était jusqu'alors peu connu - 1912-1914 , m'a intéressée par sa dimension sociale forte.
A mettre entre toutes les mains.
Commentaires
Dans la main du diable
Je sors de ma lecture du livre d'A.M GARAT "Dans la Main du Diable":
1268 pages! J'en ai encore le vertige...
J'adore me plonger, me perdre dans les pavés,mais je sens que celui-là plus que les autres va ma laisser orpheline...
C'est d'abord une oeuvre littéraire, magnifiquement écrite avec tout plein de clins d'oeil (Mort à Venise, truffaut etc...)
Mais surtout, ce livre dont l'action se passe à l'orée de la Grande Guerre, s'adresse bien à nous hommes et femmes du XXIème siècle avec notre progrès technique et scientifique et nos crimes contre l'humanité. Lorsque l'auteur nous trace le portrait de Michel Terrier et son projet de destruction massive, ce sont les horreurs des guerres passées et à venir qui sautent aux yeux du lecteur.
Ce que je trouve aussi particulièrement poignant, c'est ce contraste entre ce printemps et cet été 14, chargés de toutes les voluptés et la catastrophe qui va s'en suivre, entre notre science historique de lecteur et l'inconscience des personnages qui ignorent pour la plupart qu'ils coutent vers l'abîme.
Et puis, il y a la tendresse, l'amour retenu lontemps par orgueil de l'héroïne qui s'épanouit enfin (la description des étreintes est superbe)pour sombrer dans le chaos 14-18.
Roman historique, social, roman d'amour et d'espionnage,mais surtout roman d'atmosphère qui vous enveloppe longtemps, très longtemps.
Comme je partage ta tristesse, Mouette. Je suis sortie de ce roman pleine de mélancolie, comme si des amis m'étaient soudainement arrachés, mais sans trop de violence, une petite mort.
Et puis, merci Ô Xavier, le bonheur: Anne-Marie Garat prépare la suite. Gabrielle, Pierre, préparez-vous, soyez à la hauteur de mes espérances et de votre première aventure. Youpie!
Ravie et soulagée d'apprendre qu'il y aura une suite !
Je viens de terminer ce livre et je me sens bien seule...
Je mettrai bientôt un billet et me permettrai de citer ton article.
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