19 janvier 2007
Andreï Guelassimov, La soif
Roman court et fort. Nous suivons un personnage, Kostia, un jeune homme dont le visage a été brûlé lors de l'attaque de son char en Tchétchénie, alors qu'il y faisait son service militaire. Une horreur, un monstre que sa voisine Olga appelle pour faire peur à son fils désobéissant. Sur fond de litres de vodka, de désespoir humain.
Le voilà parti, avec deux de ses anciens camarades de tank, à la recherche du quatrième larron, disparu. C'est un monde abominable, parsemé de vies tristes et douloureuses.Mais dans ce monde-là, subsiste une richesse: la peinture de Kostia des années auparavant.
La langue est déroutante, aussi crue que les existences dépeintes. Tout au long de cette lecture on ne peut que s'interroger: ce monde de la beauté et du bonheur, ce monde de présences amies, ce monde moins rude reviendra-t-il, dans cette atmosphère sombre?
Le début de la lecture nous plonge dans une atmosphère assez glauque, Kostia achève un contrat et prévoit de s'enfermer chez lui pour un bout de temps. le roman démarre sur la quantité de vodka à remiser, impossible de tout caser dans le frigo. La vodka, élément indissociable de ces existences perdues, des ces soldats revenus, démobilisés mais perdus. Mais il y a aussi, d'abord dans la mémoire de Kostia uniquement, puis dans sa vie réelle, affleurant lentement, le dessin et la parole de son ancien "professeur". Kostia, simplement heureux d'être là et d'attendre, d'avoir quelque chose à attendre.
Commentaires
Ton blog est bien et cette histoire à l'air très forte effectivement..je la note..A bientôt.
Merci de ton passage, Bétrix. Oui, je te conseille, déroutant mais fort.
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